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Rando Francheville 28-09-2013 – La Nuit du Brame

 

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Rando Francheville 28-09-2013 – La nuit du Brame

 

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Dans le cadre de la préparation pour le Trailwalker  d’Oxfam qui aura lieu en mai 2014, l’ex-équipe des 4 Pièces du Puzzle s’est engagée avec le Groupe Local Oxfam à aider les équipes nouvelles de l’agglomération dijonnaise, autant dans l’entraînement pour la marche que pour le financement des 1500 €. C’est dans cet objectif qu’était prévue  cette rando à Francheville à l’occasion de la période du brame du cerf. Retour sur une courte soirée et une longue et belle nuit…

 

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Samedi 28 septembre 2013, 22h30, 9 randonneurs se sont donné rendez-vous devant l’Hôtel Mercure, en face de l’Auditorium de Dijon. Objectif : soirée brame du cerf dans les bois de Francheville.  Pour deux des marcheurs, ce sera une nuit entière dans la forêt.

 

Les 4 véhicules forment une caravane qui rejoint Ahuy, puis Messigny-et-Ventoux. A la sortie du village, ils s’engagent sur la petite route à droite vers Saussy et Molloy. Saussy est traversé quelques kilomètres plus tard, puis Vernot. La route est quasi déserte, mis à part quelques rares voitures aperçues en sens inverse. Après Vernot, Le petit cortège automobile tourne à gauche en direction de la route forestière de Monceuil. Les véhicules se garent sur le petit parking de terre et d’herbe, situé à l’écart du chemin, au niveau de la barrière qui ouvre le sentier vers la forêt.

 

Tout le monde est venu ici pour écouter les cerfs bramer. Le groupe s’engage presque en silence sur le chemin vers la forêt. Il règne un grand silence. L’an passé, on entendait déjà les cerfs. Malgré tout, les randonneurs poursuivent leur route. Aucun signe sonore qui pourrait signifier la présence des cerfs. En désespoir de cause, Jean-Luc et Véro proposent de remonter en haut du plateau en espérant avoir plus de chance. Tout le monde récupère les véhicules pour les quelques kilomètres qui relient la vallée et les hauteurs.

 

De nouveau, les marcheurs pénètrent sur les chemins forestiers. Pas grand-chose à signaler, mis à part deux petits brames lointains pour lesquels il faudrait s’enfoncer bien davantage dans le bois pour profiter d’un « concert » potentiel, mais pas du tout assuré. Ce n’est pas le bon endroit. Une petite pluie fine commence à tomber et les annonces météo entendues à la radio découragent en partie le groupe de continuer. Aller au brame du cerf, même dans des lieux censés connus pour leurs regroupements peut être aléatoire. Ça semble être le cas. Le groupe aura au moins profité du calme et du silence de la nuit, un moment particulier et unique.

Tout le monde rentre chez soi… sauf les deux randonneurs, Jean-Luc et Pascal, qui avaient décidé de rester jusqu’au matin. Ils redescendent vers la route forestière de Monceuil et garent à nouveau leur véhicule, sur le petit parking près de la barrière. Il est environ minuit. Et les voilà partis pour près de huit  heures de marche. On dit souvent que la vie sait récompenser les gens patients. Que la chance sourit aux audacieux. Et c’est ce qui arrive. Après un bon kilomètre sur le chemin, les premiers échos se font entendre. Des cerfs se trouvent dans le bois en haut à gauche, vers Francheville. Et, plus les marcheurs s’enfoncent dans le bois, plus le brame devient fort et presque continu. De toute évidence ce sont des dizaines d’animaux qui se répondent les uns les autres. Les randonneurs éteignent régulièrement leurs lampes frontales pour se fondre dans l’immensité sombre de la forêt. Les lumières de la grande ville assez proche éclairent en partie le secteur comme des projecteurs en contre-plongée. Le chemin de cailloux blancs est nettement visible. Les deux hommes stoppent régulièrement leur marche puis écoutent, parfois les yeux fermés. Outre de petits brames de jeunes mâles qui cherchent à s’affirmer, répond le long brame rauque d’un mâle dominant qui cherche à conserver son territoire. C’est troublant et émouvant. Encore plus quand on se sait petits et étrangers à cette forêt qui s’anime soudain. La petite pluie a rafraîchi l’atmosphère et rendu supportable l’air chaud, inhabituel à cette période. Les animaux semblent revivre. Cerfs bien sûr, mais aussi des oiseaux qui pépient, des chouettes qui ululent. La main des randonneurs est prête à rallumer très vite la frontale au cas où un cerf excité par les parades bondirait sur le chemin et chargerait.  Mais rien de tout cela, juste ce spectacle sublime de la nuit. Quelques bruissements dans les broussailles parfois. Non ! On ne passe pas inaperçu dans ce monde qui semble vide parce qu’il est muet. Pourtant, un humain qui vient y poser ses pas est deviné et peut être suivi des yeux quelques instants avant que l’animal au guet ne s’éloigne.

 

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Le duo remonte vers les hauteurs par la route forestière des Montanys, passe devant les maisons de chasseurs, deux bâtisses silencieuses aux volets clos à cette heure de la nuit, bifurque par la Combe des Crapauds pour rejoindre les secteurs ouverts des prés où l’on pourrait apercevoir quelques cerfs. Plus les randonneurs s’enfoncent dans la campagne boisée, plus la résonnance du brame est évidente. Alors qu’ils se trouvent sur un large chemin entre deux zones boisées avant les champs, ils entendent d’un coup un long brame dans le bois sur leur gauche. Ils éteignent à nouveau leurs lampes frontales. Le cri est encore un peu éloigné, mais sa répétition indique que l’animal se rapproche. Les deux hommes restent là en silence, écoutent et observent. Jean-Luc allume sa jumelle à vison infrarouge en espérant voir  quelque chose bouger. Mais finalement, l’animal repartira de là où il était venu. Il est près de 4 heures du matin. La petite pluie a cessé depuis un bon bout de temps et, comble du plaisir, les nuages s’écartent pour laisser apparaître la Grande Ourse dans laquelle s’est encastré le quart de lune. Magique  et beau !

 

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Le duo longe à présent la forêt en direction de deux prés où depuis un certain temps, deux cerfs brament avec force. Le chemin sur lequel ils circulent est masqué par de hauts taillis. Leurs lampes frontales sont de nouveau éteintes. Ils avancent à pas feutrés, en silence. A l’endroit où l’horizon s’ouvre sur les deux prairies, à droite et à gauche, prudemment, ils regardent avant de se montrer. En fait, l’un des cerfs brame derrière une haute rangée d’arbres touffus sur la droite tandis que l’autre doit se trouver assez loin en contrebas. De nouveau, c’est l’écoute et le plaisir de cette nuit particulière où les sens sont mis à contribution. Brames, pépiements, ululements, parfums végétaux, fraîcheur, gouttelettes d’eau tombant des feuilles, bruissements, c’est un spectacle total.

 

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En empruntant les sommières (chemins tracés en parallèles dans la forêt) en direction du parking, les sonorités s’atténuent même quand, parfois, quelques grognements et des bruits furtifs de feuillage se font entendre à quelques dizaines de mètres, en entrant dans un sous-bois. Peut-être des sangliers qui ont repéré les marcheurs et qui s’éloignent un peu plus loin pour être au calme. Encore une fois, il n’est pas facile pour des humains d’être discrets la nuit en forêt. Tout s’entend et tout se voit.

Jean-Luc et Pascal croisent peu après un véhicule de jeunes qui sont venus eux aussi, mais en voiture. Pleins phares sur la campagne ! Pas sûr qu’ils arrivent à apercevoir longtemps des animaux. Il est aux environs de sept heures. Les deux compagnons de marche poursuivent leur chemin pédestre en direction du véhicule qui les attend à quelques kilomètres. Le jour commence à se lever avec quelques chants d’oiseaux (beaucoup moins qu’en juin). La forêt matinale semble mystérieuse avec sa brume qui pastellise toutes les couleurs. Cette nuit a été comme une vague qui monte en crescendo avant de redescendre lentement à mesure que la fatigue commence à se faire sentir.

 

C’est la rentrée vers Dijon sur des routes presque désertes ; c’est le retour vers son lit dans un appartement entre quatre murs, avec des images et des brames dans la tête qui continuent à se faire entendre. Une nuit en forêt pour écouter le cerf est un moment rare et intense qui s’inscrit dans la mémoire comme un tatouage…



09/10/2013
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