Oxfam 21 - Groupe Local Dijon

Oxfam 21 - Groupe Local Dijon

Avoir un nom, c'est exister pour l'autre...

 

Avoir un nom, c'est exister pour l'autre...

 

 

Le premier des morts de la rue en 2017 s'appelait Jiliali. Il avait 65 ans. Il est mort à Nice le 1er janvier. Plus de 400 morts plus tard (Cette année, le collectif Les Morts de la rue a recensé 403 décès de sans-abri. Légèrement inférieur à celui de 2016 (501), ce chiffre est cependant très loin de la réalité. S’appuyant sur un article scientifique, le Collectif estime n’être informé que de 17% des décès), après David Brousset, 38 ans, Fred, 48 ans, Cristina 6 semaines, Léa Vibert, 17 ans et tant d'autres, l'année s'est achevée par la mort d'Yvon, 66 ans, à Sotteville-lès-Rouen. Il y a eu aussi Ali (55 ans), mort à Gonesse (région parisienne) le 25 septembre, Myriam (37 ans), morte dans l’Aude le 24 septembre, Malik (22 ans), mort à Divion (Pas-de-Calais) le 18 août, et Antoine, Emile, Sidi, Marc, Constantin, Serge, Gaëtan, Mamady, Célestin, Gurmukh, Olivier, Tân Chung, Mircea, aussi un homme dont personne ne connaissait le nom, une femme dont personne ne connaissait le nom, et....

 

 

 

Dans un pays où l'espérance de vie s'établit actuellement à 82,6 ans, la moyenne de vie de ces disparus de 2017 s'établit, elle, à 48,5 ans.

 

Quand on lit tous leurs noms, un à un, en prenant le temps d'avoir une pensée pour eux, pour chacun d'eux, même si on ne connaît pas leur visage, on s'aperçoit qu'ils existaient vraiment, qu'ils avaient eu une vie et un passé, même parfois très courts comme la petite Cristina (6 semaines), comme un bébé de trois mois à Roubaix en septembre ou Rami (17 ans) mort au même âge que Léa Vibert.

 

Avoir un nom, c'est exister pour les autres. Dire leur nom, c'est affirmer qu'ils ont existé, qu'ils ne sont pas morts pour rien, que leurs noms, leurs vies doivent servir à nous poser des questions justes sur qui nous sommes , sur ce que nous faisons en tant que citoyens face à cette pauvreté et cette misère. Ces personnes n'étaient pas des numéros qu'on ajoute jour après jour comme un compte morbide d'objets perdus. C'étaient des gens comme nous tous, avec un cœur, une sensibilité, des grandes douleurs et aussi des petits bonheurs de ci de là.

 

 

 

Alors, on fait quoi ? On recommence un nouveau compte de victimes pour 2018 comme on l'a fait en 2017, 2016, 2015... ? Ou alors, on décide ensemble que cela doit changer, qu'en dehors des beaux discours gouvernementaux, soit menée une vraie politique qui combat la pauvreté, les inégalités et la misère en France et dans le monde. Nous, en tant que citoyens, nous avons notre mot à dire, nous avons le droit et le pouvoir d'imposer une autre voie que celle qui est menée actuellement.

 

 

Pascal Marchand

 

 

 

 



03/01/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres